pOnt

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"la réalisation et la diffusion de la musique sous toutes ses formes, particulièrement en jonction avec d'autres arts"

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dernière mise à jour :
le 26 nov. 2007

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avant-propos (2004-2005)

  La Ville d’Eybens se dote d’un auditorium.

  C’est un investissement lourd, solide, en matière, au service de l’immatériel : la musique, le texte, le spectacle. Dans le même mouvement la Ville d’Eybens agrandit la bibliothèque et la salle d’expositions.

  Ce n’est pas simplement un équipement de plus dans l’agglomération, c’est un centre de gravité au service de tous les habitants, lecteurs, amateurs d’art, musiciens et auditeurs.

  L’inauguration doit refléter ce parti pris : un travail en profondeur et sur la durée avec les habitants de la Ville a donné lieu à un spectacle étonnant, grand, chaleureux, émouvant et drôle, en un mot humain.

 Le travail que nous présentons ici est un travail « sur le terrain », le terrain humain et le terrain physique de la Ville d’Eybens.

De quoi parle « à travers l’estuaire » ?

 « à travers l’estuaire » parle de l’entrée dans l’adolescence : l’entrée d’un enfant dans l’adolescence est pleine d’incertitudes et de remises en question de sa propre capacité à faire face à l’inconnu. Cette frayeur est aussi celle que nous vivons dans notre époque, également pleine d’incertitudes et de remises en question. Comme des enfants, nous sommes confrontés à des situations inouïes.

 « à travers l’estuaire »  montre un enfant qui se découvre capable de faire face aux situations qui se présentent à lui. Ses armes sont la détermination, le sentiment d’urgence, le raisonnement, la capacité à s’adapter, la chance, l’humour.

 Marick est un enfant d’une douzaine d’années. Son histoire est dérivée de l’Odyssée d’Homère. Perdu dans l’estuaire d’un fleuve, il vit un voyage initiatique, pendant lequel il rencontrera différents personnages, animaux ou monstres, symboliquement rattachés aux éléments essentiels : l’eau, le feu, l’air, la terre, le bois, le métal. De ces rencontres Marick ne gardera qu’une série de petites cicatrices à la base de son cou, et une confiance en lui nouvelle :

 « Maintenant, je ne sais toujours pas où je vais,

mais je sais que je peux y aller seul »

Pourquoi cette proposition ?

Le citoyen ordinaire, habitant de la cité, se sent souvent éloigné de l’art. Or la pratique de l’art offre à la personne une occasion de se penser comme acteur de la collectivité, en conscience, dans une action gratuite, non utilitaire, et pourtant publique et valorisante.

De même, les bâtiments où l’art se fabrique et se montre sont souvent, comme la plupart des bâtiments publics, sacralisés, éloignés du quotidien, voire ignorés ou détestés. Il est important que les habitants adoptent et occupent leurs lieux publics.

La construction, puis l’inauguration de l’auditorium nous semblent deux occasions précieuses de mettre en scène ce rôle du citoyen-acteur.

Le déroulement

La première phase du projet a consisté en un repérage approfondi des ressources humaines, associatives et organisationnelles de la Ville d’Eybens. Il s’est agi ici d’établir un réseau avec ses relais afin de pouvoir donner la possibilité à un maximum de personnes et groupes d’être concernés :

associations culturelles, sportives, de quartier, retraités, participants à l’année de la citoyenneté ont été impliqués, plus de 600 participants.

La deuxième phase du projet a été celle de l’implication de ces groupes ou personnes repérés dans des processus de rencontre et d’action.

filmage, sur des règles du jeu simples et déterminées par le vidéaste, la Ville et les groupes concernés, d’Eybinois s’adressant à la caméra (« vidéomaton ») ; ces tournages seront ensuite la propriété commune des groupes en question, de la Ville d’Eybens, et du projet « à travers l’estuaire », qui pourront éventuellement en faire trois usages différents ;

photographies de la ville réalisées par des habitants sous la direction d’une photographe ; 

ateliers de lecture en direction des lecteurs, ateliers de théâtre en direction des enfants et des jeunes adultes comédiens, travail sur mesure du compositeur avec les musiciens… en vue de la préparation du spectacle ;

bien entendu, écriture du texte et de la musique.

La troisième phase du projet a été celle de la réalisation finale du spectacle, répétitions, construction, mise en scène, représentations. A chaque étape sont intervenus autant que possible des groupes et associations eybinois. Au total 1200 spectateurs ont assisté à la représentation de ce spectacle itinérant d'une durée d'une heure.

Loin des modes, mais proche de la réalité des lieux et des préoccupations de l’art contemporain, « à travers l’estuaire » a emmené dans la durée les participants au fil d’une aventure complète de préparation et de réalisation, qui leur laissera des traces.

Les énergies et les compétences des habitants ont été suscitées, fédérées et canalisées dans un travail collectif.

Pour autant, le spectacle résultant devait présenter des garanties professionnelles de qualité : dans ce but, ce projet a présenté une équipe d’encadrement :

 

Etienne Delmas, conception, texte et musique

Compositeur, Etienne Delmas « est un constructeur dans l’espace sonore fasciné par les arts plastiques. De courtes séquences se répondent, se déduisent subtilement les unes des autres. Il ne déteste pas les sons extrêmes ni les parodies grinçantes. Proche du Hörspiel, la voix ou plutôt la parole, l’électronique et une belle et proche théâtralité de performance sont parmi ses terrains d’exploration. » Michel Thion in « la musique contemporaine (en France en 1994) » chroniques de l’AFAA.

Ecrivain, il a publié en 2003 « Son île » (le Hêtre Pourpre, éditeur), sa pièce « Je suis là pour la nuit »  (Castells 2006) a été créée au théâtre en juin 2004.

 

Anne-Marie Louvet, images fixes

Photographe, Anne-Marie Louvet scénarise ses images et réalise des installations. Elle utilise de nombreux supports, papier bien sûr, mais aussi transparents, verre, tissus et toiles non tissées. Une grande partie de son travail traite de l’être humain dans son environnement, usine, quartier, mais aussi pampa ou fleuve d’Amazonie. Elle a réalisé l’installation « Entre l’eau et la lumière » pour les 50 ans d’EDF.

Pierre Garbolino, images en mouvement

Vidéaste, Pierre Garbolino réalise des installations et des documentaires. Il développe un travail autour du « vidéomaton », à travers lequel il propose à des personnes variées des règles simples de tournage. A travers cette rencontre la présence à l’image de la personne filmée prend sa force. En 2003, il a présenté avec Etienne Delmas le concert-installation «  la Madame au Collant Rouge », pour 3 chanteurs lyriques et 3 images vidéo sonores.

Philippe Veyrunes, lumière 

Créateur lumière, plasticien, Philippe Veyrunes met en lumière des spectacles de danse, de la musique, des musées et des installations. Il utilise autant le projecteur de théâtre que l’ampoule électrique domestique ou la fibre optique. En 2003, il a réalisé une installation en plein air avec cent vingt flambeaux, «  la Peinture du Manège ».

Sylvie Cleyet, mise en scène 

Metteur en scène, Sylvie Cleyet travaille volontiers avec des amateurs. Formée au théâtre du Soleil, elle transmet sa vision d’un théâtre qui repose sur l’acteur. Elle introduit une bonne dose d’humour dans ses spectacles. En 2002, elle a mis en scène « Quelqu’un pour veiller sur moi », avec des professionnels, et « Graal-Théâtre », avec des amateurs.

Anna Leone, costumes

Anna Leone réalise des costumes pour des spectacles de danse. Formée elle aussi au théâtre du Soleil, elle travaille avec le recyclage, le détournement et la transformation d’objets intégrés au costume.

 

Michèle Richard et Rachel Magnin, coordination et suivi de production

Michèle Richard est chargée de production à l’association pOnt, Rachel Magnin est permanente de l’association pOnt.

 

association pOnt, structure administrative

L’association pOnt, créée en 1990, a pour vocation la réalisation de projets dans lesquels la musique est mariée à d’autres arts. Elle a produit des spectacles comme «  la Madame au collant rouge » en 2003, des installations comme « dans les Bruits du Monde » en 2000, ou « Têtes Brûlées » en 1990, des évènements comme la soirée des vœux du Président du Conseil Général de l’Hérault en 2001.

 
 le spectacle
Le spectacle sort aujourd’hui de ses cadres de représentation traditionnels, salles et théâtres. « à travers l’estuaire » participe de cette esthétique : le public est invité à une déambulation qui renforce le scénario basé sur le voyage.  Les spectateurs, par petits groupes, suivent l’action et se déplacent avec elle d’un épisode à l’autre. Plusieurs itinéraires sont proposés simultanément. 
La déambulation, outre sa modernité et sa cohérence avec le lieu et le sujet, permet de répondre techniquement à la présence d’un public de 2000 invités à l’inauguration. entendre
"vers la Ville"
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« à travers l’estuaire » est un conte musical en déambulation, d’une durée d’une heure. Il se déroule dans divers lieux de « l’Odyssée » : le parvis, le hall, les deux salles les plus grandes de l’école de musique, la salle d’exposition, la bibliothèque, sa nouvelle extension, l’auditorium (où se passera l’épisode le plus spectaculaire - direction de l'orchestre: Bruno Peterschmitt), la salle de répétitions, le parc, le restaurant (où sont servies les agapes du retour et des retrouvailles). Le déplacement d’un lieu fixe à l’autre fait partie intégrante de l’histoire et du spectacle. entendre
"le Rat"
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 Le récit de « à travers l’estuaire » n’est pas linéaire : comme nos souvenirs ne sont pas toujours datés et peuvent se présenter à nous en désordre, l’ordre des épisodes n’est pas fixe. Cette notion fait partie de notre monde : dans l’Internet, c’est le lien hypertexte.

  Le texte lui-même est fait de mots simples, faciles à mettre en bouche, sonores. Inspiré autant des formes classiques immémoriales (théâtre antique, nô) que du livre d’images pour enfants, il exprime avec simplicité les états, les intentions, les actions. 

entendre "le Goéland"
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Chaque épisode était joué en musique.    Nous pouvions compter sur une grande variété d’instruments, ainsi que sur des orchestres. La partition, inspirée du théâtre grec, avec récitant, chœur et coryphée, respectait les habitudes de travail et les capacités propres des ensembles, et les emmenait vers un univers musical contemporain, atonal tout en étant chatoyant, libre de formes tout en étant structuré, rigoureux tout en étant évocateur.

  La mise en scène place l’action « aujourd’hui ». Le détournement permet que l’histoire devienne une fable, une légende, un mythe tout en développant un humour sous-jacent. Hormis la déambulation, les épisodes sont mis en scène sous forme de tableaux, dans lesquels la sobriété permet d’atteindre à une bonne qualité d’interprétation, ainsi qu’à une présence tenue des acteurs.  

entendre "l'Epave"
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Les décors sont immatériels : ce sont des projections de lumière (couleurs, ambiances, formes) et d’images, fixes (photos) et en mouvement (images vidéo). Les supports de ces images sont la bâtiment lui-même, ses murs. Chaque lieu a sa propre ambiance lumineuse : intensité, couleur, traits de lumière ou nappes diffuses.    entendre
"le Homard"
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 Les costumes sont inventés à partir de bases contemporaines, complétées et détournées par des éléments, textiles ou objets, qui, tout en portant du sens, nous emmènent dans un univers fictionnel. Ici aussi on parle de sobriété signifiante entendre"le Scolopendre"  
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 photos A-M Louvet

enregistrement de la musique Pascal Perrot - studio Alys

entendre témoignage musicien interview et prise de son : Nizar Barakhet (Dyade)
aller sur le site des webtrotters, à Eybens entendre témoignage public interview et prise de son : Nizar Barakhet (Dyade)
voir un extrait vidéo (Quicktime
26 Mo)
image : Pierre Garbolino
la presse :  lire le texte intégral du spectacle
"C'est dans la couleur, le son, la lumière et dans l'enthousiasme que l'auditorium a pris son envol... L'ouverture de cet équipement a été un succès, succès préparé de longue date par le collectif d'artistes de l'association pOnt et par tous les Eybinois qui ont participé à sa préparation..." le journal d'Eybens juin 2005
"un succès populaire" Hervé Guillon, élu

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