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une installation de Bernadette Griot-Cullafroz
(son Etienne Delmas)
attention : l'installation n'est plus disponible
extrait de la presse : "... Jean-Jack Queyranne présent pour l'occasion donnait son avis : "Cette exposition est une aventure humaine, artistique et littéraire. C'est une mosaïque des caractères Par cette exposition, on apparaît tous comme des écrivains anonymes." Et pour Annie Guillemot : "une émotion se dégage du livre. Les textes sont authentiques, originaux, et reflètent ce que nous sommes tous et toutes" P.M., le Progrès, 17 novembre 2000
parti pris : le monde bruit de sons et de voix innombrables qui produisent cacophonie ou harmonie, vacarme ou murmure, le tout simultané, mêlé, enchevêtré. Cette omniprésence occulte le plus souvent le bruissement de l'intime dans sa douceur comme dans sa douleur. Le propos du projet "dans les bruits du monde" était d'interroger par mille signatures souhaitées l'entrecroisement de ces mondes complexes, celui de l'émotionnel, de l'individuel, celui du relationnel, du collectif, les interroger à l'intérieur d'une lage de temps porteuse d'une charge symbolique particulière, celle du seuil d'un nouveau siècle. déroulement : jour après jour, pendant 1000 jours, du 6 avril 1997 au 3 décembre 1999, Bernadette Griot-Cullafroz la semaine, et Martine Cribier le week-end, reproduisent un rituel épistolaire : chaque jour un correspondant est choisi en raison d'une émotion provoquée par lui chez l'épistolière : rencontre amicale, professionnelle, amoureuse, audition radio, lecture... Le courrier qui lui est adressé lui fait par de la raison de cette émotion et le sollicite pour écrire à son tour un texte relatant une de ses émotions du même jour. Le support de chaque lettre expédiée est l'en-tête de la Une du journal "le Monde" (faisant foi de la date) détourné en : "dans les bruits du Monde". Les correspondants reçoivent ensuite, suivant les circonstances une lettre de relance, une lettre de remerciements, accompagnée de la liste des correspondants. le résultat : au 31 décembre 1999, le rituel quotidien s'est arrêté. Mille correspondants ont été sollicités, dans une grande diversité socio-professionnelle et géographique. La dynamique du projet, l'engagement et la détermination des deux épistolières ont su donner l'élan du retour à 660 d'entre eux. Un monde d'émotions, d'individualités, d'humanités est là, discret et puissant ; sa présence est le filigrane et le corps du collectif. L'oeuvre est riche des langues, des cultures, des cheminements, des moments de vie dont elle porte trace et témoigne. le livre, édité par le Hêtre Pourpre et l'Amourier : le livre est celui du geste artistique, qui, se plaçant à côté du vacarme médiatique tendant à occuper l'espace social, tend à recueillir, collecter le bruissement de l'intime, à en susciter l'émergence. Il rend compte du rituel dans la durée des mille jours, de l'adresse à mille correspondants choisis, sans liste préétablie, au fil des émotions quotidiennes des deux épistolières. Il rend compte de la posture individuelle d'une artiste (et d'une accompagnatrice) affirmant une intimité au coeur du collectif, une singularité au coeur du vacarme, une voix qui en appelle à mille autres parmi des milliards. Il rend compte de l'écho renvoyé par deux correspondants sur trois acceptant de dire une part de leur intime, de a mettre en mots, de faire confiance à 'artiste qui souhaite l'intégrer à son oeuvre. Forme et contenu sont par leur originalité dans la continuité de la performance. Bernard Noël et Raphaël Monticelli signent la préface, sous la forme d'une correspondance. l'installation : l'installation "dans les bruits du Monde" propose au visiteur un environnement visuel et sonore : au mur, les reproductions des mille manuscrits (imprimées sur bandes de tissu) adressés chaque jour à chaque correspondant entre le 6 avril 1997 et le 31 décembre 1999. L'ensemble ponctué par une oeuvre plastique de l'artiste conceptrice du projet : un tissage des reproductions des manuscrits reçus, marouflé sur 33 radiographies frottées à la cendre (celle du feu des enveloppes reçues en réponse) et divers pigments de terre. dans l'espace, une création sonore diffusée par de petits haut-parleurs intégrés. Jeu de sons conçu par Etienne Delmas, à partir des réponses lues dans leur langue originale enregistrées. Bouquet de paroles don les mots écrits servent de matériau à la composition. Enfin, au mur, une création lumière de Philippe Veyrunes Ces éléments se répondent en un environnement où le visiteur peut choisir de se situer au centre d'une vue d'ensemble et d'un murmure multiple et indistinct, ou de s'approcher pour lire certains textes et encore écouter le son diffusé par l'un des haut-parleurs. la lecture par 3 comédiens est proposée dans cet environnement au moment du vernissage. |